Sur
le polar Africain.
Si la littérature noire de brousse est en train de faire son bout de chemin, la littérature du bled, quant à, elle continue sur sa lancée. Yasmine Khadra est le phare qui illumine ledésert saharien avec les nombreuses aventures du commissaire Llob (Morituri, Baleine, 1997 ; Le dingue au bistouri, Flammarion, 1999 ; A quoi rêvent les loups, Julliard 1999 ; Les hirondelles de Kaboul, Julliard 2002,L’Attentat, Julliard 2005…). Abecassis Eliette fait montre d’un talent digne de la « reine du crime du bled » qu’elle incarne. Pour vous en convaincre, lisez : Clandestin (2003), La dernière Tribu (2004),Mon père (2002) tous parus chez Albin Michel. On pourrait aussi citer Amari Chawki (De bonnes nouvelles d’Algérie, Baleine, 1998), Djemai Abdelkader (31, rue de l’Aigle, Gallimard, 2000), Akkouche Mouloud (Avis d’échéance, Gallimard 1998 ; Cause toujours ! Baleine, 1997 ; Les Ardoises de la mémoire, Gallimard, 1999), Kamal Oumalek (Accointance de chacals, Editions du Polar, 2009.)
La littérature noire africaine et Magrhebine doivent exister parce qu’il a un imaginaire fécond et beaucoup de choses à dire sur leurs sociétés laissées à l'abandon. Il n'y a pas mieux que ceux qui y vivent pour en parler. Et c’est à nous, interessés à leur monde et lecteurs assidus, de leur donner cette chance... Mais la partie n’est pas gagnée
Le
thème .
Peau de balle. Ça commence sous les chapeaux de roue. Un quatuor de délinquants librevillois, nourris au lait de l’argent facile, kidnappent la fille d’un notable et réclament une rançon de cinquante millions… Ecrit dans une langue qui claque comme des coups de lanière, Peau de balle se révèle au final un polar original qui tiendra le lecteur en haleine jusqu’au bout. On s’attache vite aux destins croisés des héros et on suit avec passion l’enquête menée par les flics de la PJ locale.
Extrait
"Les flics l’avaient sauté au pieu, menotté et tabassé comme le mil sous le pilon. Il s’en souvenait comme si c’était encore hier. Un gars du casse s’était fait cravater par les gaziers de l’OCLAD[1] avec une botte de yamba[1] dans les poches. Les types l’avaient torturé et il avait fini par dégoiser toutes les conneries qu’il avait faites. Bello avait morflé cinq ans à "Sans-famille."
L'auteur. Janis Otsiemi est né à Franceville au Gabon en 1976. Il a publié "Tous les chemins mènent à l'Autre" (Prix du premier roman, Ed. Raponda Walker 2001), "Guerre de succession au Gabon" (Edilivre 2007). Passionné de polar, on trouve dans sa bibliothèque une brochette hétéroclite d'auteurs : James Ellroy, J.C Renoux, Abasse Ndione, Rolo Diez, A.D.G, Deon Meyer...
Peau
de balle par
Janis Osiémi
ISBN 978-2-35568-016-8 - 216 pages - 19 €





