Le
thème
Maïlys
Gordon, psychosociologue, la cinquantaine tranquille, revient de loin. Au cours
d’un voyage en Afrique, elle a été violée. À la suite de ce drame, son amie,
qui vivait avec elle à Yaoundé, avait nié ce qui s’était passé et l’avait
abandonnée sans protection dans une ville dangereuse. Depuis, profondément
traumatisée, Maïlys vit avec sa peur dans le dix-neuvième arrondissement de
Paris. Pour se sortir de l’horreur, des souvenirs nauséeux consécutifs au viol,
elle participe régulièrement à un groupe de parole qui réunit des femmes
brutalisées par la vie.
Aidée
de Margot, la psychologue, de Charly, la professeur de Karaté, et de l’amitié
chaleureuse des nombreuses copines qui l’entourent, elle pense qu’elle va s’en
sortir. Las ! Les rangs des membres de l’association « Violences
faites aux femmes » se déciment. La mort
rôde. Maïlys est encore trop dans la victimisation pour écouter, voir et
comprendre les signes que lui lance Noémie, une nouvelle venue dans le groupe.
Un jeune flic chargé d’élucider l’affaire comprend vite quel parti il peut
tirer du métier de Maïlys et de l’expérience professionnelle qu’elle a acquise
dans l’analyse des comportements sociaux tout au long de sa carrière. Elle
accepte de l’aider par amitié pour une jeune victime qu’elle n’a pas su écouter
à temps. Ensemble, ils vont tenter de
dresser le portrait psychologique du tueur.
Maïlys
Gordon. Un personnage complexe.
Le personnage de Maïlys
Gordon est proche de chacun de nous. C’est la sœur, l’amie, la collègue, la
voisine de palier. C’est une femme qui vit à l’écoute des autres. Cette
empathie, dont elle fait preuve en général, tant professionnellement
qu’affectivement, la place au premier plan de sombres histoires étrangement
proches de sa vie de tous les jours. On pourrait presque parler de « petits meurtres au quotidien ».
En tentant de tirer au
clair les situations complexes dans lesquelles s’embourbent les personnes
qu’elle rencontre, elle s’attache à retrouver des meurtriers qui semblent ne
jamais frapper très loin de l’endroit où elle se trouve.
Elle parvient, sans faire
appel aux techniques d’actualité comme les recherches d’ADN et autres moyens
scientifiques très sophistiqués, à repérer et à dénouer le fil conducteur des
drames qui se jouent sous ses yeux. Sa sagacité et son sens de l’analyse
comportementale aident la police à définir les profils des assassins et donc à
les confondre.
On retrouvera
Maïlys dans de prochaines autres enquêttes.
Extrait
Crissement de pneus sur chaussée mouillée. Bruit de frein violent. Le
même qu’à Yaoundé quand ces connards de chauffeurs de taxi ont eu des
démangeaisons dans le pantalon. Comment oublier la peur, le mec qui me serrait
la gorge, et l’autre qui me martelait les cuisses avec un nerf de bœuf. Après
les coups, comment ne pas ressentir une honte infinie quand vient le moment où
l’on se dit que ce n’est qu’un coup de queue et que ça ne vaut pas la peine de
se faire tuer pour ça ! Comment effacer l’odeur des deux mecs remplis de bière,
ivres de pouvoir, parce qu’ils se tapaient une blanche ! Le gluant du sperme
coulant du sexe martyrisé sur des cuisses bleuies par les chocs. Le silence
après la fuite des violeurs. La longue marche, ostensiblement au milieu de la
chaussée, malgré la tunique déchirée, au risque de se faire renverser par
d’autres taxis en maraude. Le retour à la “ Casa des Spiritains ”, à
l’autre bout de la ville où je logeais, tout ça parce que la Princesse a eu des
états d’âme et qu’elle m’a virée comme une malpropre de la maison de sa cousine,
où elle dormait, elle, en sécurité, abrutie de hasch et d’alcool. Le silence le
lendemain matin, sur ce qui c’était passé. Impossible de parler de
“ ça ” avec des religieux. (...)
AVRIL 2010 - ISBN 978-2-36162-010-3
- 228 pages - 15 €





